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CAN 2025 – TAS : le Maroc dépose son dossier béton, les experts sont formels — le titre est confirmé
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CAN 2025 – TAS : le Maroc dépose son dossier béton, les experts sont formels — le titre est confirmé

Le Maroc soumet ce 7 mai son mémoire en défense au Tribunal arbitral du sport. Avocats spécialisés, précédents jurisprudentiels, enregistrements vidéo et révélations sur l'ingérence sénégalaise : tout pointe vers une confirmation du sacre marocain.

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Atlas Admin
6 May 2026·7 min read

Ce mercredi 7 mai 2026, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) dépose son mémoire en défense devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne. Une date qui pourrait bien marquer un tournant définitif dans le feuilleton juridique le plus retentissant du football africain depuis des décennies. Et selon les experts du droit sportif interrogés par plusieurs médias, la cause est presque entendue : le Maroc va gagner.

Rappel des faits : une finale qui a tout changé

Le 18 janvier 2026, au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal vire au chaos. Dans les dernières secondes du temps additionnel, l'arbitre siffle un penalty en faveur des Lions de l'Atlas. Brahim Díaz tente une panenka arrêtée par Édouard Mendy. Mais avant même que le coup de sifflet final ne retentisse, les joueurs sénégalais quittent la pelouse pendant seize minutes sur instruction expresse de leur sélectionneur Pape Thiaw, pour contester la décision arbitrale.

Le match reprend, le Sénégal marque via Pape Gueye en prolongation et repart avec le trophée. Mais le 17 mars 2026, le Jury d'appel de la CAF retourne la table : en application des articles 82 et 84 du règlement de la CAN, le comportement sénégalais est requalifié en abandon de match. Le Sénégal est déclaré forfait, le Maroc sacré champion d'Afrique 3-0 sur tapis vert.

La Fédération sénégalaise de football (FSF) saisit alors le TAS le 25 mars, demandant l'annulation de cette décision. L'instance basée à Lausanne fixe au 7 mai la date limite pour le dépôt du mémoire marocain. Ce délai expire aujourd'hui.

Le dossier marocain : béton et documenté

La FRMF ne s'est pas présentée les mains vides. Fouzi Lekjaa l'avait annoncé dès le début d'avril : «Le Maroc a des arguments convaincants et documentés, que ce soit par le biais de rapports officiels ou d'enregistrements vidéo». Ces 800 caméras présentes au stade Prince Moulay Abdellah ont capturé chaque mouvement, chaque conclave, chaque couloir de vestiaires. Les enregistrements des communications arbitrales via oreillette sont également entre les mains du camp marocain, selon des sources proches du dossier.

Par ailleurs, le Maroc a opté dès le départ pour une stratégie prudente en refusant la procédure accélérée demandée par le Sénégal. Ce choix vise à examiner en profondeur chaque élément du dossier, à consolider une défense solide, et à ne laisser aucune faille au panel arbitral. C'est la stratégie d'une équipe qui sait qu'elle a le droit de son côté.

Ce que disent les experts : 75% de chances pour le Maroc

Plusieurs avocats spécialisés en droit du sport, interrogés par des médias internationaux, ont analysé le dossier en profondeur. Leurs conclusions convergent.

Romain Bizzini, avocat au Barreau de Paris et habitué des dossiers TAS, décrypte pour Onze Mondial : «Les articles 82 et 84 du Règlement de la CAN sont sans équivoque : si une équipe refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin du match sans l'autorisation de l'arbitre, elle est considérée comme ayant perdu et éliminée définitivement. Cette équipe perd son match 3-0.» Sa conclusion : «Il y a 75% de chances que la décision de la CAF soit confirmée.»

Me Renaud Duchêne, avocat aux barreaux de Paris et Bruxelles, ancien juriste du RSC Anderlecht et conseil de la FRMF, va dans le même sens : «Le TAS ne rend pas de décisions absurdes et ne va pas chercher des éléments improbables. Au regard des arguments avancés par la FRMF et de la décision déjà rendue par la CAF, l'issue devrait rester favorable au Maroc — ça devrait le faire.»

Patrick Rode, avocat français spécialisé en droit du sport, interviewé sur la radio sud-africaine Omny FM, est encore plus direct : «Dans le sport, il n'existe pas de droit à l'auto-justice. À partir du moment où le Sénégal a quitté le terrain sans la permission de l'arbitre, le processus réglementaire a été enclenché. C'est une décision cohérente sur le plan strictement légal.» Sur les statistiques du TAS : «Seulement 30 à 35% des décisions sont annulées. Ce n'est pas très élevé.»

L'ingérence qui change tout : l'arbitre empêché de sanctionner

C'est l'élément le plus explosif du dossier. Selon une analyse publiée sur le Village de la Justice par Roger Iragi Magayane, avocat et expert en droit du sport : «L'arbitre a été empêché de sanctionner la faute du Sénégal par sa hiérarchie. Le match a continué de manière irrégulière. Le seul moyen de rétablir le droit est d'annuler le résultat faussé et d'appliquer la sanction réglementaire prévue.»

L'expert précise que selon des sources solides, «les enregistrements de toutes les conversations de l'arbitre à travers son oreillette sont en faveur du Maroc». Ces éléments, s'ils sont admis par le TAS, constitueraient des preuves d'ingérence hiérarchique directe dans le déroulement de la rencontre — un fait d'une gravité exceptionnelle dans l'histoire du football africain.

Le rapport de l'arbitre évoque lui-même un «arrêt temporaire» et non un forfait. Mais les juristes pro-marocains font valoir que l'arbitre, soumis à une pression hiérarchique, n'a tout simplement pas pu acter le forfait sur le terrain — ce qui ne supprime pas la faute, et confirme l'abandon au sens de l'article 82.

La jurisprudence et les nouvelles règles FIFA/IFAB : le Maroc dans tous les textes

Au-delà du dossier CAN, cette affaire s'inscrit dans un mouvement de fond. La FIFA et l'IFAB travaillent depuis plusieurs mois à renforcer les sanctions contre les équipes qui abandonnent ou refusent de jouer, en réponse directe aux incidents de la finale — plusieurs médias spécialisés ayant explicitement cité le cas sénégalais comme déclencheur de cette révision réglementaire.

Le précédent Sénégal–Afrique du Sud, souvent cité dans ce dossier, avait déjà établi que la manipulation du processus arbitral suffisait à invalider un résultat sportif. La jurisprudence TAS dans des affaires similaires penche systématiquement vers la primauté des règlements fédéraux sur le résultat du terrain, dès lors qu'une faute grave et intentionnelle est établie.

La décision finale du TAS, attendue dans les prochains mois, pourrait ainsi faire jurisprudence pour toute l'histoire du football international : une équipe qui quitte le terrain pour contester une décision arbitrale sera définitivement sanctionnée. Pas de négociation, pas de demi-mesure.

Le Sénégal dans l'impasse

Du côté de Dakar, les avocats de la FSF martèlent que la sanction est «disproportionnée et juridiquement contestable». Ils avancent que l'esprit de la règle vise une équipe qui refuse définitivement de reprendre le jeu — ce qui n'est pas le cas puisque le match s'est terminé. Mais cet argument se heurte à la lettre même du règlement, qui ne fait aucune distinction entre abandon temporaire et définitif.

La FSF avait également demandé une procédure accélérée pour obtenir un verdict avant le Mondial 2026. Le Maroc s'y est opposé, et le TAS a suivi : la procédure ordinaire s'applique, ce qui signifie que le verdict pourrait ne tomber qu'en fin d'année 2026. En attendant, le Maroc est officiellement et juridiquement champion d'Afrique 2025 — et rien ne semble pouvoir le changer à court terme.

La sentence finale : ce qu'elle va changer pour toujours

Me Romain Bizzini l'a conclu sobrement dans son analyse : en cas de confirmation du verdict, «il faudrait remettre le trophée et procéder à un échange de médailles». Une image symboliquement dévastratrice pour le football sénégalais.

Mais au-delà du symbole, cette affaire établit un précédent historique : le TAS, la FIFA et les instances africaines envoient un signal clair à toutes les équipes du monde. L'auto-justice sur un terrain de football n'existe pas. Quitter le terrain sans autorisation arbitrale, c'est perdre — peu importe ce qui se passe ensuite.

Le Maroc, lui, n'a plus qu'à attendre. Il a le droit, les textes et les preuves. Et selon tous les experts, c'est bien suffisant.

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